Les thermes publiques rythmaient la vie quotidienne de Pompéi : lieux d’hygiène, de sociabilité et parfois d’affaires. On y suivait un parcours progressif – vestiaire (apodyterium), salles froide/tiède/chaude (frigidarium, tepidarium, caldarium), éventuellement sauna (laconicum) – chauffé par hypocauste et alimenté par l’aqueduc (Aqua Augusta). Trois complexes visitables concentrent l’essentiel : les Thermes Stabiens (les plus anciens), les Thermes du Forum (au cœur de la ville) et les Thermes Suburbains (près de Porta Marina).
Thermes Centrales
Les thermes Centrales étaient encore en construction au moment de l’éruption.
On commença à les construire après le 62 après JC e, pour leur réalisation il a fallu démolire toutes les maisons d’une entière insula (arrondissement divisé en îlots), à partir de laquelle beaucoup de matériel à été récupéré pour la construction des murs. Ces thermes était différente des autres trouvées à Pompéi, il y avait des innovations architecturales introduites à l’époque impériale.
L’entrée principale était en via di Nola et il y avait deux petites pièces: une billetterie et un stockage d’objets. Il n’y avait pas de secteur féminin et tous les salles étaient éclairés par de grandes fenêtres. Il n’y avait même pas le frigidarium et du dressing on passé directement au tepidarium réchauffé par un système de murs concernés
Thermes du Forum
Édifiés peu après la fondation de la colonie de vétérans par Sylla (vers 80 av. J.-C.), au cœur de la trame urbaine, sur la Via delle Terme, en face du Temple de Fortuna Augusta. Séparations hommes/femmes et restauration rapide après le séisme de 62 apr. J.-C. (retouches de la voûte à stucs et atlantes sculptés dans le vestiaire masculin).
Exemplarité du modèle « de centre-ville » (accès proche du Forum), richesse décorative des voûtes, et lecture claire de la succession des salles avec gymnase attenant.
Thermes Stabiens
Les plus anciens bains de Pompéi (IIᵉ s. av. J.-C.), situés à l’angle de la Via Stabiana et de la Via dell’Abbondanza ; ils associent une vaste palaestra portiquée, une natatio et deux circuits distincts hommes/femmes. Des campagnes récentes (2021–2023) ont révélé deux laconica supplémentaires sous la cour, éclairant l’évolution du complexe.
Parcours et particularités : côté masculin, enchaînement classique apodyterium → tepidarium → caldarium → frigidarium. Le secteur féminin, plus réduit, ne possédait pas de frigidarium dédié : on passait du vestiaire au tiède puis au chaud. L’ensemble utilisait un hypocauste central et des citernes à trois températures, avec des décors stuqués autour de la piscine extérieure, remaniés après le séisme de 62.
Ampleur du plan, lisibilité du circuit balnéaire, et rôle civique (bains publics, gérés par les magistrats).
Thermes Suburbains
Bâtis à l’époque impériale près de Porta Marina, en position panoramique sur la baie. Complexe compact à grandes baies orientées sud-ouest, restauré après 62 apr. J.-C. avec ajout d’une piscina calida (bassin chauffé). Découverts tardivement (campagnes 1985–1987), ils sont célèbres pour les fresques érotiques de l’apodyterium, probablement placées au-dessus des casiers à vêtements.
Ces bains, bien que publics, semblent avoir accueilli une clientèle plus « choisie » et illustrent l’architecture thermale « de dernière génération » à Pompéi (enfilade fluide des salles, grandes ouvertures, parcours linéaire).
Thermes du Sarno
Les thermes du Sarno se trouvent dans un grand bâtiment sur 4 niveaux et prennent le nom d’un tableau représentant la rivière Sarno. Ces thermes ont été construits au IIe siècle. a. C. à partir de maisons préexistantes et élargi au milieu du premier siècle. Av. J.-C. mais elles ont été sérieusement endommagés par le tremblement de terre de 62 Av. J.-C.
Les salles thermales se trouvent au quatrième niveau et elles étaient en cours de restructuration au moment de l’éruption. Dans le frigidarium, en plus du tableau représentant le Sarno,il y a une belle frise ornée d’un paysage nilotique.
Dans la salle de gym, qui occupe la majeure partie du complexe, il y a des riches décors avec des athlètes et des scènes de combat.
Foire aux questions
Le circuit type commençait par l’apodyterium (vestiaire), se poursuivait vers le tepidarium pour s’acclimater, puis le caldarium (bain chaud) et, selon les établissements, le frigidarium (plongeon froid) ; s’y ajoutaient parfois laconicum (salle sèche très chaude), palaestra (cour d’exercice) et natatio (bassin extérieur). Chauffage par hypocauste (four/praefurnium, sols surélevés, parois à tubuli) et alimentation en eau sous pression expliquent la performance thermique de ces bâtiments.
Non, les circuits étaient séparés ; aux Stabiens, la section féminine était plus petite et sans frigidarium dédié.
Parce que le bain était un service public fondamental autant qu’un espace social : hygiène, sport, détente, affaires – d’où plusieurs complexes répartis dans la ville.
Leur décor érotique conservé dans l’apodyterium et des ajouts de luxe après 62 apr. J.-C. (piscina calida) en font un ensemble singulier.