Maison des Ceii

Située dans la région II de Pompéi (II, 4, 2), la Maison des Ceii est une demeure discrète, mais fascinante, nichée dans l’un des quartiers résidentiels les plus anciens de la ville. Elle fait partie des rares exemples encore visibles de l’architecture domestique de la fin de l’époque samnite (IIe siècle av. J.-C.), ce qui en fait une étape précieuse pour les visiteurs désireux de découvrir des éléments plus anciens que les classiques maisons impériales plus connues.

Cette maison, bien que modeste en taille, offre une richesse décorative remarquable. Elle attire moins de touristes que d’autres résidences, ce qui permet d’en profiter dans un calme relatif, surtout si vous vous y rendez tôt le matin, juste après l’ouverture du site. Les fresques, les détails architecturaux et l’ambiance presque intacte de cette domus permettent une immersion rare dans la vie privée des classes moyennes supérieures de Pompéi.

Architecture et décoration

Dès l’entrée, la façade de la maison attire l’attention par ses carrés en stuc blanc et les chapiteaux cubiques qui surmontent les montants de la porte. Ces éléments, sobres, mais élégants, rappellent les techniques utilisées à la fin de l’époque samnite. À l’intérieur, l’œil est immédiatement attiré par l’impluvium central, dont le fond est constitué de tessons d’amphores brisées — un procédé économique, mais décoratif, inspiré de pratiques hellénistiques.

Le véritable joyau de la maison est son jardin, petit, mais spectaculaire. Le mur du fond est décoré de scènes de chasse avec des animaux sauvages — lions, léopards, sangliers — en pleine action. Ce type de fresque n’est pas seulement esthétique : il évoque la vertu, la force et les idéaux héroïques que le propriétaire souhaitait peut-être associer à son image. Les murs latéraux, eux, évoquent des paysages nilotiques peuplés d’animaux exotiques et de végétation luxuriante, un motif en vogue dans les dernières décennies de la ville, probablement influencé par le culte isiaque. Cette dimension symbolique suggère un lien entre la maison et les croyances religieuses populaires à Pompéi à la veille de l’éruption.

Le propriétaire

Lucius Ceius Secundus est le nom le plus souvent associé à cette maison, en raison d’inscriptions électorales retrouvées sur la façade, invitant à voter pour lui. Ces graffitis, fréquents à Pompéi, témoignent d’une vie politique intense et d’un espace public où la propagande électorale se faisait sur les murs mêmes des habitations.

On ne sait pas grand-chose d’autre sur Ceius Secundus. Sa maison laisse penser qu’il appartenait à la classe moyenne aisée : ni opulente ni pauvre, mais suffisamment raffinée pour inclure un jardin décoré de fresques, un atrium traditionnel et une architecture à deux niveaux. Comme pour beaucoup d’habitants de Pompéi, ce sont les murs et les objets qui parlent à sa place.

La Maison des Ceii est un excellent complément à la visite de résidences plus célèbres. Elle permet d’aborder d’autres facettes de la société pompéienne, moins patriciennes, plus discrètes, mais tout aussi riches en significations. Elle constitue aussi un excellent point de départ pour explorer les environs plus calmes de la Regio II, souvent délaissés par les itinéraires classiques.

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