Situé dans la Regio VII, à l’angle nord‑est du forum de Pompéi, le Macellum était à l’époque romaine l’un des lieux les plus animés de la cité: un marché couvert où les habitants venaient chaque jour s’approvisionner en produits frais — viande, poisson, fruits, légumes.
En parcourant les vestiges du Macellum aujourd’hui, on imagine facilement le va‑et‑vient des marchands dans les portiques qui encadraient la vaste cour centrale, la disposition des étals alignés et l’activité sociale qui entourait un simple achat. Les fouilles ont révélé une structure complexe : un portique sur trois côtés de la cour, des boutiques périphériques, un tholos circulaire dans l’axe principal, et au‑dessus de tout, un sol : l’activité de la ville se déployait autour de ce lieu de commerce.
Le Macellum témoigne également de l’évolution de la ville à l’époque romaine. Construit à la fin du IIIᵉ siècle avant J.-C., puis reconstruit entre 130 et 120 av. J.-C., il fut endommagé par le tremblement de terre de 62 après J.-C. et n’avait pas entièrement été restauré quand l’éruption du Mont Vésuve survint en 79.
La forme rectangulaire du bâtiment s’organise autour d’une cour centrale : sur le côté ouest, la façade donnait vers le forum, tandis que sur le côté nord s’ouvrait une voie commerçante fréquentée. Le tholos circulaire, placé en son centre, servait probablement de comptoir au poisson et d’espace d’opération pour le nettoyage ou la vente : on y a retrouvé des écailles et des restes indiquant l’activité spécifique de cette zone.
À l’est, trois salles surélevées formaient un espace de culte impérial — un endroit dédié au culte de la personne de l’empereur, signalant combien la vie publique, religieuse et commerciale se croisaient dans un même lieu.
En visitant le Macellum, on perçoit bien que les Romains accordaient autant d’importance au commerce des vivres qu’à la dimension sociale qui l’accompagnait. Les fastes décoratifs — fresques colorées, colonnes, boutiques ordonnées — se mêlaient à l’effervescence des échanges. Les foules venaient non seulement acheter, mais aussi se rencontrer, se renseigner et participer à l’économie de la cité.
Quelques détails méritent une attention particulière : le sol soigneusement pavé, les boutiques autour de la cour, les inscriptions électorales sur les façades des tabernae, le système de drainage du côté des salles alimentaires. Chaque élément permet de mieux imaginer comment fonctionnait ce marché dans la vie des habitants.