Maison du Cithariste

La maison est située Regio I, Insula 4. Elle est ouverte au public dans le cadre de la visite du parc archéologique de Pompéi.

Bien que de taille imposante — elle occupe près de 2700 m² —, la Maison du Cithariste est l’une des demeures les plus fascinantes de Pompéi. Elle doit son nom à une statue en bronze d’Apollon jouant de la cithare, découverte dans l’une de ses pièces et aujourd’hui conservée au Musée archéologique de Naples. Ce nom évoque non seulement la présence de cette sculpture exceptionnelle, mais aussi l’importance donnée aux arts dans le cadre domestique romain.

La maison résulte de la fusion de deux domus plus anciennes, probablement durant le Ier siècle avant J.-C., ce qui lui confère un plan architectural original et complexe. Elle comporte trois entrées principales (I.4.5, I.4.25, I.4.28), deux atriums, trois portiques, ainsi qu’un ensemble impressionnant de pièces de service et de pièces résidentielles. Parmi les aménagements notables figurent des thermes privés, une boulangerie, une taverne et des pièces qui ont sans doute été louées ou affectées à des activités commerciales. Ce mélange entre vie privée et espaces publics témoigne de la richesse et de la position sociale élevée du propriétaire.

Maison du Cithariste à Pompéi

Dès l’entrée, l’ampleur du péristyle central retient immédiatement l’attention par l’ampleur du péristyle central, une vaste cour intérieure bordée de colonnes. En son centre, un bassin en marbre décoré de sculptures en bronze représentant des animaux, notamment un sanglier attaqué par des chiens et d’autres scènes naturalistes, conférait à l’ensemble une fonction à la fois esthétique et symbolique. Ce type de décor luxueux, avec jeux d’eau et statuaire, illustre parfaitement le raffinement des grandes villas pompéiennes.

Les murs de l’atrium sont ornés de fresques réalisées dans des tons ocre jaune, soulignés de lignes blanches géométriques. Ces peintures, dans un style du troisième ou quatrième style pompéien, illustrent des scènes mythologiques tirées de l’Iliade, mettant en lumière l’éducation hellénistique et le goût érudit des habitants. Le sol, quant à lui, présente une mosaïque centrale figurant la tête de Méduse, un motif apotropaïque destiné à protéger les lieux et les occupants.

Le tablinum, pièce de réception du maître des lieux, s’ouvre directement sur le péristyle. C’est dans cette salle que le dominus recevait ses clients, tenait ses comptes ou prenait des décisions commerciales. Chaque élément architectural est conçu pour impressionner et affirmer le prestige familial. Autour de l’atrium se répartissent plusieurs cubicula (chambres), chacune décorée de manière distincte selon sa fonction ou l’importance de son occupant.

Le lararium, sanctuaire domestique dédié aux Lares (dieux protecteurs de la maison), se dresse dans une niche du péristyle. Sa forme, presque baroque, et sa décoration en font un point fort de la visite. Des masques funéraires des ancêtres y étaient exposés, soulignant l’importance du culte des morts dans la tradition romaine et la continuité de la lignée.

Selon plusieurs inscriptions murales et graffitis électoraux, la maison aurait appartenu à la famille des Popidii, l’une des plus influentes de la cité à l’époque impériale. Cette appartenance est renforcée par la qualité exceptionnelle des aménagements et la diversité des espaces, qui vont bien au-delà des besoins d’un usage strictement domestique.

Visiter la Maison du Cithariste, c’est découvrir une synthèse remarquable de la culture, du pouvoir et de l’art de vivre romain. On y perçoit le quotidien d’une grande famille pompéienne, mais aussi l’influence des traditions helléniques dans les décors, l’organisation sociale dans les volumes, et le rôle politique à travers les graffitis électoraux. L’ensemble révèle un équilibre subtil entre beauté, confort et représentation.

Vous aimerez aussi ces articles

Explorez davantage avec ces articles sélectionnés pour enrichir votre expérience à Pompéi.